Accueil > Presse > Climat, Santé : Mieux Prévenir, Mieux Guérir...Mieux Aider !

Climat, Santé : Mieux Prévenir, Mieux Guérir...Mieux Aider !

jeudi 23 avril 2020 Mis à jour le 23 avril 2020

Le Haut Conseil pour le Climat, a publié le 22 avril 2020 un rapport spécial pour exprimer ses recommandations au regard de la crise climatique, mais aussi sanitaire et économique que nous traversons. La rénovation des passoires énergétiques est prise en exemple des actions à mener, et le travail de l’Initiative Rénovons est souligné.


Le rapport du HCC en intégralité

Il est remarquable que le Haut Conseil pour le Climat cite aussi précisément une référence à une proposition particulière. Les avis du HCC, il faut l’espérer, ne peuvent qu’être pris en compte et appliqué au vu des qualités, compétences et de la sensibilité aux questions sociales des membres qui le composent.
"Accélérer la transition juste pour renforcer notre résilience aux risques sanitaires et climatiques" est un slogan que nous pourrions reprendre à notre compte. Cela a toujours été notre esprit de travail commun que de faire en sorte que l’investissement collectif dans la rénovation des passoires énergétiques soit un puissant levier de résistance aux crises économiques, climatiques et sanitaires. C’est pour nous une belle reconnaissance que d’être cités en exemple par le Haut Conseil pour le Climat. Il faut maintenant que ses recommandations soient entendues et appliquées !

Nous reprenons quelques extraits du rapport :

La catastrophe sanitaire du Covid-19 est une crise systémique globale d’origine sanitaire, source d’autres crises en cascade : sociale, économique, financière. (...)

La crise COVID-19 et le changement climatique présentent des similarités. Il est possible de tirer des leçons de l’une pour augmenter nos capacités de résilience à l’autre. Pandémie et changement climatique sont des menaces majeures pour l’ensemble de l’humanité. Tous ne sont pas touchés de la même façon, parce que les vulnérabilités ne sont pas uniformément réparties. Elles provoquent des crises aux ramifications multiples. Leurs conséquences sont massives, destructrices et irréversibles, avec des effets décalés dans le temps et l’espace. Enfin, ces crises révèlent les fragilités des sociétés, y compris les plus développées, et l’impréparation des États et des organisations sociales. Cette impréparation reflète l’incapacité à imaginer l’ampleur de la menace et à la prendre au sérieux. Elle découle aussi de choix délibérés qui ont rendu les systèmes, même les plus avancés, incapables d’absorber les chocs. (...)

La crise sanitaire a montré sans fard qu’il est politiquement possible et socialement acceptable de dessiner un nouveau référentiel de l’action publique, pour faire face à des menaces globales majeures.

VULNÉRABILITÉS ET RÉSILIENCE

Les actions engagées en matière d’atténuation et d’adaptation doivent contribuer à renforcer notre capacité de résilience face aux crises sanitaires. Certaines actions (réduction des émissions de polluants atmosphériques émis lors de la combustion d’énergies fossiles, réduction de la déforestation importée) présentent des co-bénéfices pour le climat et pour la santé publique. (...)

Il est plus largement nécessaire d’engager un débat démocratique à toutes les échelles (Europe, France, territoires) sur les stratégies de résilience, définies par le GIEC comme la « capacité des systèmes sociaux, économiques et environnementaux à faire face à une évolution, à une perturbation ou à un événement dangereux, permettant à ceux-ci d’y répondre ou de se réorganiser de façon à conserver leur fonction, leur identité et leur structure fondamentales tout en gardant leurs capacités d’adaptation, d’apprentissage et de transformation ». (...)

LE FACTEUR AGGRAVANT DES INÉGALITÉS

La vulnérabilité au changement climatique et à ses impacts se nourrit des inégalités sociales et territoriales dont la crise COVID-19 a dessiné une carte précise. Cette perspective invite à renforcer les politiques publiques, notamment de protection sociale et de solidarité contre les grands risques (chômage, maladie, vieillesse notamment) qui sont, on le constate à travers les comparaisons internationales, d’excellents amortisseurs des chocs.

La crise met en relief les vulnérabilités structurelles, liées aux inégalités de revenu et de conditions de vie, que l’on retrouvera dans les épreuves sanitaires comme climatiques ; celles liées à la société de consommation (fragilité des approvisionnements et de la distribution), celles propres à certains populations ou territoires à la croisée des crises sanitaires et environnementales (quartiers populaires à la périphérie des grandes villes ; territoires ruraux ; outre-mer) ; les vulnérabilités intergénérationnelles encore – l’exposition des plus âgés – et de genre – les détentrices d’emplois de service peu qualifiés, alors que dans le monde les femmes sont le plus exposées au changement climatique. Le besoin de politiques soutenues visant à réduire les inégalités pour renforcer la résilience des populations et leurs capacités d’adaptation au changement climatique est désormais bien identifié (...)

UN RETOUR DE L’ÉTAT ET DES SOLIDARITÉS

Les considérations d’équité mises en avant par la crise sanitaire plaident aussi pour un réinvestissement de l’État. Il y a des leçons à en tirer pour l’adaptation au changement climatique et l’anticipation des risques découlant du réchauffement. Penser dès aujourd’hui en termes d’adaptation aux évolutions climatiques des prochaines décennies permet de projeter les politiques publiques au-delà de l’effervescence du court-terme de la sortie de crise. (...)
Il est important de valoriser rapidement les avancées de la Convention citoyenne pour le climat une fois celles-ci approuvées. Cette initiative inédite du gouvernement doit aboutir en dépit des difficultés de la crise sanitaire, car il prend en compte les perspectives de la société française dans sa diversité de lieux de vie, d’âges et de revenus. Le travail déjà réalisé est porteur de lignes directrices pour les mois qui vont constituer la sortie de crise. (...)

PRINCIPES POUR UNE TRANSITION

Quelques principes simples peuvent aider à prioriser la dépense publique d’un plan d’urgence :

  • elle doit contribuer directement à une transition bas carbone juste – atténuation, adaptation, réduction des vulnérabilités et renforcement des capacités de résilience ;
  • si elle est principalement affectée à un autre objet de dépense (notamment santé ou biodiversité), elle a un co-bénéfice climat en faveur de l’atténuation ou de l’adaptation ;
  • elle ne doit pas nuire et ne pas être incompatible avec les objectifs de l’accord de Paris, en écartant notamment tout effet de verrouillage carbone. (...)

ENGAGER DÈS MAINTENANT DES INTERVENTIONS MASSIVES DANS DES SECTEURS STRUCTURANTS

DÉVELOPPER UNE RECHERCHE INNOVANTE

Soutenir les évolutions techniques incrémentales ou radicales qui permettent, à une échelle systémique, de gagner en efficacité énergétique ou d’étendre les sources de l’énergie décarbonée.

Développer la recherche en sciences humaines et sociales sur les innovations sociales et les changements structurels pour la société et les économies bas carbone. (...)

VALORISER LES DETTES

L’ampleur de l’arrêt des économies ou les diverses interventions des États pour préserver la cohésion économique et sociale contribuera fortement à l’accroissement des déficits et dettes publics en raison de la crise sanitaire, probablement dans des dimensions inconnues depuis des décennies. Les revirements spectaculaires de doctrine, qui n’ont probablement pas fini d’apparaître, invitent à des approches innovantes, tant pour les règles de déficit public en Europe que de financement de la dette. Les règles budgétaires européennes ont un impact négatif sur l’investissement public, reconnu par la Commission européenne. Elles doivent évoluer en privilégiant les dépenses venant en soutien de politiques d’atténuation du changement climatique et d’adaptation. Concernant le financement des dettes publiques, il est souhaitable et possible de rapprocher le temps long du climat de celui des dettes par exemple en s’inspirant des mécanismes de contrat de désendettement et de développement, visant à reconvertir la dette vers des investissements destinés à la transition bas-carbone. Les collectivités locales notamment pourraient en être bénéficiaires pour développer leurs politiques d’adaptation et de résilience.

Renovons

L’initiative « Rénovons ! » est une vaste alliance regroupant les forces vives de la société civile en France, au sens large, engagées en faveur de l’efficacité énergétique grâce à la rénovation énergétique des logements en France. La rénovation des logements, particulièrement les moins performants sur le plan énergétique, doit permettre de résorber structurellement la précarité énergétique.

2017 - 2020